15/04/2007

Stephen King : ... ?

J'ai lu mon premier Stephen King vers 11-12 ans. Il s'agissait de La Ligne Verte : je venais de voir le film, très, très bon, et ma mère avait acheté le livre, alors je l'ai lu après elle. J'ai adoré. Et j'adore toujours ce livre, bien que ne me considèrant pas comme une fan de son auteur.

Peu à peu, j'ai emprunté au C.D.I. de mon collège les livres dont j'avais lu et relu le résumé, dans des librairies par exemple, sans jamais oser les acheter et encore moins demander à ce qu'on me les achète : Carrie, Shining, Salem, Simetierre, Sac d'Os, Misery et Dolores Clairborne. C'était l'époque où je lisais les synopsis de films d'horreur dans le Télé Star, ainsi que ceux de X-Files, série qui passait trop tard et que j'étais trop jeune pour regarder (mais qui disait ça ? Ma mère, ou plutôt moi ?). J'avais envie de me faire un peu peur, le mystère me fascinait. (C'est ainsi que j'ai lu un synopsis qui m'avait fasciné, un film que je devrais voir quelques années plus tard et que je n'oublierai pas de sitôt : Seven...).


J'aimais, j'adorais. J'étais un peu déçue par Carrie pourtant, je m'attendais à autre chose... à quoi ? Bonne question. Shining me fit une peur bleue, mais j'adorais, et c'était justement ce que je cherchais. Je garde de Misery un souvenir horrifié, plus encore que de Simetierre. Quant à Dolores Clairborne, je le trouvais décidément très bien. Je voulais lire ça, mais il n'était pas au C.D.I., dans des cartons de ma mère, oui, mais elle ne le retrouva jamais. Ca dont ma mère me parlait, et qui, elle me garantissait, me donnerait des cauchemars. Heureusement, elle ne le retrouva pas.

Puis il y eu Christine. Christine, un des rares livres que je ne finis jamais. Au bout de 90 pages, je refermai le livre : je découvrais pour la première fois que Stephen King n'écrivait pas toujours "trop bien", qu'il pouvait aussi être "trop lent". (J'ai vu le film Christine, enfin une partie de ce film, il y a quelques jours, chez Babel, et c'est à lui qu'on doit cette critique, mais je reprendrai ça plus tard).

Je laissais donc les Stephen King de côté un moment. De toute façon, j'avais lu tous ceux du C.D.I., ou presque. Tous ceux qui m'intéressaient.

Puis, en 3ème (j'avais donc 13 ans), il y eût une soirée "films d'horreur" chez une amie. On regarda, entre autres, Dreamcatcher, tiré d'un roman de... Stephen King. J'adorai le film. La mère de mon amie m'offrit le livre, qu'elle avait en double, ainsi qu'un autre du même auteur, Le Talisman des Territoires, écrit en collaboration ave c Peter Straub. Et c'était reparti pour une de mes "périodes Stephen King". J'en recommandai à Noël, j'eu Rose Madder, que j'aimais bien aussi. Dreamcatcher était excellent, l'un de mes préférés, une très très bonne fin mais qu'aucun film n'aurait pu retraduire. Je ne garde pas grand souvenir du Talisman..., mais je sais que je l'aimais.

Cette fois, l'enthousiasme retomba tout seul, quand je n'eus plus de Stephen King à lire.

Un an plus tard, j'entrais en seconde, au lycée donc. J'allais au CDI (qui n'était pas encore pour moi le refuge qu'il devint un an plus tard), et je finis par emprunter La Part des Ténèbres. Le début m'effraya et me dégoûta, mais je continuais. Ce n'est pas un grand livre, mais il me valut quelques frissons. Troisième "période Stephen King". Ma mère m'offrit les deux tomes de Ca pour Noël. Dès que je le commençai, je traversai chaque matin la rue sombre qui m'amenait à l'arrêt de bus en sprint, effrayée. Je suis quelqu'un de très impressionable. Je n'osais plus me tenir près des bouches d'égoût. Ca est le livre qui m'a fait le plus peur depuis Shining.

Et tout s'acheva lorsque j'essayai de lire Insomnia. Là encore, un début trop, bien trop, lent me rebuta.

Depuis, je ne m'attaquais qu'à quelques nouvelles, je vis deux films également tirées d'oeuvres de Stephen King, Fenêtre Secrète, avec Johnny Depp et John Turturro, qui me déçut énormément, et l'année dernière Shawshank Redemption, un film à voir absolument avec Tim Robbins et un Morgan Freeman magistral. Je n'ai même pas lu Cellular.

Et, mardi dernier, je dormais chez Babel. Soirée film d'horreur, plus sympa qu'au collège je trouve. On commença avec Ring, puis Ring 2 (versions japonaises). Après cela, on se mit sur la télé, espèrant trouver quelque chose de sympa, histoire de se redonner du courage pour raccompagner Machan chez elle. Et là, ce que nous avons pris d'abord pour un film un peu naze avec des lycéens, mais l'un d'eux était choupi et un autre semblait le protéger, c'était drôle. Jusqu'à ce que nous réalisions quel était le film en question : Christine. Je ne le vis pas en entier, et d'ailleurs il était loin d'être excellent, mais cela suffit pour discuter Stephen King avec Babel. Et, après avoir raccompagné Machan, je me retrouvais à lui emprunter trois Stephen King, de ceux dont j'avais lu les résumés quand j'étais petite sans oser les acheter : Cujo, Charlie et Marche ou crève.

J'ai terminé Cujo hier. Ce n'est pas un de mes livres préférés, loin de là. Mais je commence à comprendre pourquoi Stephen King fascine tant : il est capable d'écrire de tout ; son style peut être parfois très bon ; et il est capable de faire peur et de nous accrocher à son livre, une fois passé le début très lent, trop lent parfois. Ecrire tout un livre dont l'action principale se concentre sur une mère et son fils coincés dans une voiture, et passionner tant de personnes avec ça, est loin d'être facile, et il faut le reconnaître.

Entre hier soir et ce matin, j'ai lu Marche ou crève. Et s'il y a un Stephen King à lire, un seul, je pense que ce doit être celui-là. Car encore une fois, l'écrivain nous captive, à partir de quoi ? De gens qui marchent. Qui marchent, et qui se font tuer. Tout un livre, 350 pages. Mais dès qu'on le commence, on ne peut plus le lâcher. Parce qu'on veut savoir ce qui va se passer. Au-delà de la critique des Etats-Unis (et qui sonne d'autant plus juste maintenant que nous copions leurs émissions de télé-réalité et que quelqu'un a dit que s'il pouvait faire de l'audience en montrant une personne se faisant tuer, il le filmerait), c'est bien cela qui nous passionne : l'envie de savoir la fin. Comme quand je lisais ces résumés, quand j'étais petite. Je voulais savoir ce qui se passerait ensuite.

Stephen King, ce n'est pas que cela. Quand on en a lu quelques uns, on remarque des constantes, notamment dans les personnages : la femme/mère aimante, qui parfois commet des erreurs, mais qui protège sa famille ; opposée à la mère égoïste, ou étouffante, folle même, celle de Carrie. Et leurs homologues masculins : l'époux/père aimant, parfois un peu volage, mais qui donnerait, donnera, sa vie pour sa famille ; et le mari maltraitant. L'enfant qui comprend tout avant tout le monde, l'enfant innocent, l'enfant martyr. Tout tourne beaucoup autour de la famille, chez Stephen King... du moins, c'est ce que j'en pense.

Malgré tout cela, je ne me considère pas comme une fan de Stephen King. J'aime bien, je lis ça par période, mais je ne le vois pas comme un de mes auteurs préférés. Je pense que c'est un personnage important pour son époque, un bon écrivain, avec ses recettes qui marchent, un cas intéressant, mais pas le meilleur. Le Maître de l'Horreur ? Peut-être, car il en a effrayé tant. Jack Nicholson dans Shining, la carosserie rouge de Christine, Annie Wilkes massacrant l'écrivain Paul Sheldon : autant de figures emblèmatiques qui marquèrent le public. Que me faudrait-il de plus, pourquoi cette réticence ? Je l'ignore. Je m'incline, parce que quand même, mais au fond, je ne me sens pas totalement convaincue.

Mauvaise foi ? Il en reste que si je lis Stephen King, ce n'est pas forcément pour lire Stephen King.

16:12 Écrit par M dans Lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livres, cinema |  Facebook |