03/03/2007

De Hong-Kong à Boston : Infernal Affairs et The Departed

J'avais tendance à me méfier des remakes, surtout des remakes réalisés par des américains. Comme disait ma prof d'histoire de 3ème, c'est "on prend un film étranger, on rajoute des explosions, et voilà".

J'avais tendance à me méfier de Scorcese, n'ayant vu que Gangs Of New York et The Aviator. Pas mauvais, mais pas excellents non plus.

J'avais tendance à me méfier du scénario. Je sentais le truc bâteau venir.


Quand ma mère m'a proposé de venir voir Les Infiltrés, akka The Departed, j'y suis vraiment allée à reculons. D'ailleurs, je n'y serais sans doute pas allée du tout si une erreur sur le site du cinéma ne m'avait pas fait croire que le film passait en VO. Mais j'y suis allée (maman, je t'aime). Total : je me suis retrouvée scotchée au film.


The Departed est en fait le remake d'un film Hong-Kongais, Infernal Affairs, que je n'avais pas vu à ce moment là, erreur fort heureusement corrigée depuis. Je vais donc faire une rapide "critique" des deux films... car il s'agît bien de deux films malgré tout très différents, et non pas d'un même film revisité.


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Infernal Affairs

Idée de base : un flic infiltré chez les voyoux, un voyou infiltré chez les flics. Le spectateur sait qui est qui, mais il est bien le seul. Comme l'explique le commissaire au grand mafieux : "chacun de nous a dans sa poche une carte piégée. Le premier qui découvre laquelle de ses cartes est piégée gagne. Le perdant à ce jeu meurt."
Le film Hong-Kongais est très épuré et ne tourne qu'autour de cette histoire, il esquisse les portraits de chacun des infiltrés, mais on ne sait rien de plus que ce qui est nécessaire. Les deux protagonistes avancent dans leur enquête, et au fond chacun est le mirroir de l'autre, à tel point qu'à certains moments on les confond. L'interprétation est remarquable, et le scénario habilement mené. Quant aux images et à la réalisation, cela ne fait que confirmer ce que je pensais : le cinéma asiatique va aller très, très loin dans les prochaines années.
Signalons d'autre part que ce film est le premier d'une trilogie, dont je n'ai pas encore vu les autres volumes...



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The Departed

Oscar du Meilleur Film. Oscar du Meilleur Réalisateur. Et surtout Oscar du Meilleur Scénario Adapté bien mérité.

On garde la même idée. On déplace la scène : Boston . On approfondit les personnages.
Le mafieux joué par Nicholson prend une toute autre dimension que celui du premier film. Le flic Matt Damon n'est plus le reflet du voyou Leonardo DiCaprio : chacun a sa psychologie propre. Pourtant, il demeure un lien.
On ajoute un personnage. Dignam, mon préféré, joué par Marc Wahlberg : en une seule phrase, ce flic prononce à lui tout seul plus de jurons qu'on peut en entendre dans un film de Tarantino. Il a d'ailleurs été nominé aux Oscars pour le Meilleur Second Rôle, qu'il n'a pas eu, mais au fond, ce n'est pas l'important.
Comment qualifier ce film ? En deux mots : "ça claque". Et BAM. Claque dans la tête du spectateur, claque d'un côté ou de l'autre (comme dans Infernal Affairs, on n'est "pour" personne, on observe qui va s'en sortir sans préférence, et ça, c'est plutôt fort, non ?). BAM dit la fin, aussi surprenante que celle du film hong-kongais bien que menée différemment. Bien que la fin, les derniers instants, soient un peu différents : là, oui, on dénonce l'américanisation, ceux qui verront les deux films comprendront de quoi je parle, mais même, on aime, parce que... parce que voilà, on aime.
En tout cas, moi j'aime.

Des fois, c'est bon d'avoir des à-prioris, pour mieux se les faire démonter.

16:02 Écrit par M dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

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